Compte-rendu de la rencontre-débat avec Evelyne GEBHARDT

Compte-rendu de la rencontre-débat avec Evelyne GEBHARDT

Rencontre-débat avec Evelyne GEBHARDT
Cahors – 19 juin 2013 – Bourse du Travail
Compte-rendu
L’Allemagne, un modèle pour la France ?


Jean-Marc Vayssouze, maire de Cahors, et Laurent Fabre, premier secrétaire fédéral PS, souhaitent la bienvenue à Evelyne Gebhardt, euro-députée allemande, devant une assemblée de plus d’une centaine de personnes. Née à Montreuil, elle est depuis 1994 élue du Bade-Wurtemberg, en Allemagne, au Parlement européen, sous l’étiquette du SPD, le parti social-démocrate allemand.

Elle s’investit à Bruxelles dans les domaines de la bioéthique, de la protection des consommateurs et des droits civiques. Elle est membre de la commission du Parlement européen sur le marché intérieur et reconnue comme l’un des dix allemands les plus importants au sein des institutions européennes.

« Sa voix n’est pas celle de la Chancelière Angela Merkel » affirme le premier fédéral.

Avant de donner la parole à notre invitée, un film sur les 50 ans de l’amitié franco-allemande est diffusé sur écran.

« C’est pour cette raison que je suis là », dit Evelyne Gebhardt en ouverture, « pour faire en sorte que ça continue », car cette amitié est désormais profondément enracinée dans les deux pays.

Elle évoque les prochaines élections allemandes qui auront lieu le 22 septembre.

Après le vote des électeurs pour choisir leurs députés, ces derniers éliront leur nouveau chancelier. Le candidat du SPD contre l’actuelle chancelière est Peer Steinbruck. « La campagne n’est pas vraiment lancée ; le changement est nécessaire, il  ne peut qu’influer sur la politique européenne, actuellement néolibérale.» Elle prône une Europe sociale, qui respecte les droits des citoyens, des travailleurs, des consommateurs, l’égalité des chances pour tous les Européens.

Selon Evelyne Gebhardt, Angela Merkel mène une politique anti-européenne.

Elle cite des exemples d’avancées progressistes très concrètes pour les citoyens de l’Union : la double nationalité, le programme Erasmus, la monnaie unique, la tarification des communications des portables, la sécurisation des achats sur Internet. « Tout ça, c’est l’Europe !», insiste-t-elle et « il faut le faire savoir ».

Elle poursuit : « La génération actuelle ne sait pas ce qu’est la guerre, il a fallu surmonter les problèmes, les peurs réciproques, pour vivre en paix dans la maison européenne, avec pour chaque Etat membre, sa propre pièce. Comment transmettre l’esprit européen, avec une Commission à la majorité conservatrice qui détricote l’Europe ? Le modèle allemand n’en est pas un pour la France, chaque Etat doit décider de sa propre politique. Les élus nationaux oublient trop souvent qu’ils font partie de l’Europe, qu’ils ont la responsabilité de la politique européenne.

Mettre en place des mesures structurelles pour créer des emplois dans les régions les plus démunies et donner des perspectives nouvelles permettront de redonner confiance aux citoyens.

La première chose à faire en Allemagne contre les emplois précaires consiste à mettre en place un SMIC.»

C’est ce que promet le SPD, le parti de l’eurodéputée. Il faut travailler à la mise en oeuvre de règles du jeu acceptables par tous, en prenant comme exemple les sanctions contre la Chine sur les panneaux solaires.

Il n’y a pas d’Etat européen, mais des accords entre les Etats. Une gouvernance collective donnerait une plus grande force au Parlement, qui est directement élu par les citoyens.

Le propos d’Evelyne Gebhardt s’est construit sur la base de nombreuses questions et d’échanges avec les participants.

En fin de réunion, deux jeunes ambassadrices de l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ) prennent la parole pour évoquer les missions et les actions de cet organisme créé il y a cinquante ans.

Evelyne Gebhardt conclut la rencontre-débat en informant l’assemblée du projet de candidature unique des partis socialistes européens à la présidence du Parlement pour les élections européennes de 2014 afin qu’elle soit le reflet d’une seule et même politique pour l’Europe. C’est à ses yeux une étape forte dans la construction européenne.

Geneviève Jacquot-Marty